Caricature réalisée par mon ami Claude Turier lors d'une soirée à Montmartre

 

 

J'ai commencé  à dessiner des portraits vers l' âge de 15 ans.


Les joues rondes d'un enfant, le visage parfait d'une star, les rides d'une femme âgée, le noir et blanc, les nuances, les ombres, le corps humain et ses courbes, la sensualité d'une chevelure, tout cela m'attire. C'est à peu près à la même période que j'ai découvert l'Art au sens propre du terme, grâce à un voyage à Florence et Rome où je suis tombée sous le charme du génie des peintres italiens, et plus particulièrement celui de Michel-Ange.


Je n'ai jamais étudié les techniques d'art, j'ai suivi des études d'anglais dans le but de devenir professeur. Mais je me suis rendu compte que ma vraie passion c'était la création artistique. Je suis entièrement autodidacte.


a qui dois-je cette passion?


Je n'ai pratiquement jamais connu mes parents ensemble, ils se sont séparés vite, trop vite pour que je me souvienne de quoi que ce soit. Mon père était photographe, et je me souviens avoir vu d'immenses portraits de ma mère en noir et blanc dans le salon. Ces portraits resteront à jamais gravés dans ma mémoire, ils représentent l'union de mes parents, leur amour. Dessiner est peut-être un moyen pour moi de reconstruire cette union que je n'ai jamais connue. La beauté du visage de ma mère, et la technique de photographie de mon père.





Expo au café du théâtre à Alençon

Alors j'ai continué à dessiner, puis j'ai eu envie d'évoluer et de sortir de cet univers en noir et blanc, de poser mes crayons et d'apprivoiser mes pinceaux et la couleur. Tout en restant dans le thème du portrait, j'ai commencé à peindre des profils féminins sur fonds vifs et colorés, inspirée par des artistes actuels tels que Marso, Johanna ou encore Linde Bialas. Mes toiles sont un compromis entre l'obligation de définir parfaitement les traits d'un visage et la liberté de création dans les formes et les couleurs du fond.


Je suis passionnée par la Provence, et c'est grâce à l'aquarelle que je m'évade dans ces lieux majestueux, guidée par les pas de Cézanne. Je termine toujours mes aquarelles en soulignant les principaux traits au crayon pour leur donner plus de caractère. Un réflexe de dessinatrice peut-être? 


Je travaille souvent par phases, je peux passer des mois sans toucher à l'aquarelle et me concentrer uniquement sur l'acrylique et vice-versa. Si mes pinceaux boudent, je reprends mes crayons. J'écoute mon coeur et mes envies... si la solitude de l'atelier me pèse je sors me nourrir des gens que j'aime et l'inspiration revient. 


Mon père m'a dit que j'étais née sous une bonne étoile. Je pense qu'il a raison. Il y a quelques mois j'ai rencontré mon "Parrain artistique" à Honfleur qui fait tout pour que sa "filleule" réussisse. Merci à lui. Fortissimo Padrino.

 


Nous dans la bulle

 

 

 ...J'aurai une tendre pensée pour Sylvie,  celle qui m'accompagne depuis le début, qui me suit et m'encourage dans les moments difficiles, mais qui partage aussi les grands moments de joie, artiste elle aussi, elle est avec moi dans cette bulle arc-en-ciel... merci d'être là !

Enfin, on a coutume de dire que ce sont les vrais amis qui ont la meilleure perception de ce que l'on est vraiment alors je laisse à Sabine, ma meilleure amie, le soin de me décrire... Moi, je trouve les mots de la Blonde qui écrit plutôt justes et ils me touchent toujours en plein coeur...Je vous laisse le soin de les lire.

 

BETTINA

« Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui ; parce que c’était moi. »

Michel de Montaigne, Essais, Livre I, XXVIII, « De l’amitié »

 

Lorsque Bettina entre quelque part, on ne peut que la remarquer. Ce n'est pas qu'elle prenne de la place, non Bettina est un poids plume mais le genre de plume qu'on voudrait avoir collée sur le coeur. Elle est assez grande, plutôt frêle, on a envie de la prendre dans les bras. Si on le faisait, on sentirait, je crois, ses deux omoplates. J'aime à penser que ce sont deux petites ailes car Bettina est une sorte d'ange. Elle a la beauté des anges. Je crains souvent qu'elle ne s'envole.

Bettina est un peu fragile, certaines fois elle ne va pas bien, c'est toujours trop souvent à mes yeux. Moi, ça me bouleverse et ça me noue l'estomac.

Je ne le savais pas avant de la connaître, ou je l'avais oublié, mais l'amitié, un peu comme l'amour, peut parfois vous tomber dessus comme un coup de foudre et vous posséder. Cela ne m'étonne plus car Bettina peut parfois être un petit démon. C'est aussi ce que j'aime chez elle. Elle m'offre une image d'elle et me renvoie une image de moi-même toute en nuances et en complexité. J'aime lui dire qu'elle est moi avec douze ans de moins, que je pourrais être jalouse d'elle mais que, non, bien au contraire, j'aime sa fraîcheur et la légèreté qu'elle a apportée à mon existence.

Si Bettina voulait s'éloigner ou disparaissait pour moi, je serai inconsolable et je ne croirai plus en l'amitié ; j'ai connu déjà quelques deuils, de vivants ou de morts, mais je tiens plus que de raison à Bettina, ce petit bout de femme, ce petit bout de flamme fait partie de moi. C'est bien difficile à expliquer mais c'est ainsi.

Bettina est la douceur même, tous les mots qu'elles m'offrent ont un goût de miel, elle me dit que je suis sa belle blonde, sa petite pépite, son rayon de soleil...autant de mots-caresses, sincères et gratuits que la plupart des hommes se refusent, oublient ou ont peur de formuler. D'ailleurs certains représentants du sexe opposé sont jaloux de notre tendre et intense amitié. Comment pourraient-ils ne pas l'être? Bettina m'apporte autre chose, peut-être plus, que ce que la plupart des hommes ne m'ont jamais apporté. « Parce que c'est elle, parce que c'est moi », nos âmes se mêlent comme celles de Montaigne et de La Boétie. Cela n'a rien à voir avec le sexe même si les jaloux veulent imaginer qu'il puisse en être ainsi entre nous.

Bettina dessine pour moi, j'écris pour elle. Nos projets artistiques renforcent encore nos liens. Parfois je me dis qu'ils nous attachent indéfectiblement l'une à l'autre et cela me rassure. Je m'accroche à cette idée comme à mon petit poids plume. Parfois j'ai juste peur de trop peser sur elle et qu'elle se lasse de notre amitié. Pourrait-elle faire de l'ombre à mes enfants, à mon mari et à ceux qui me sont proches? Non, Bettina est toute parée de lumière.

Lorsqu'elle entre quelque part, on ne peut que la remarquer mais regardez la beauté de ce qu'elle esquisse, dessine et peint, vous ne pourrez jamais l'oublier. On dit que Bettina a un don. Ce n'est pas moi qui le contesterais. Elle réalise de magnifiques portraits de ceux qu'elle aime, de parfaits inconnus, de ceux qu'elle imagine. Ses visages sont riches d'humanité, de son humanité à elle mais nourris aussi de l'humanité de ceux qu'elle observe et chérit. Un jour, si elle le veut, elle dessinera les portraits que j'écris. Nos âmes se mêleront sur le papier, peut-être pour l'éternité, notre éternité à toutes les deux en tout cas.

Je pourrais aussi vous parler des toiles de Bettina. Que de couleurs et de lumière ! Elle représente essentiellement des femmes mais, misses ou du monde, que ses femmes sont belles ! On sent qu'elle porte sur elles un regard amoureux. Ses nus m'émeuvent particulièrement car, derrière chaque trait, Bettina rend compte de la Femme, sereine, reposante, de Celle qui je crois sauvera les Hommes d'eux-mêmes.

La Provence sera notre première destination commune, je songe avec impatience à ces moments pendant lesquels je pourrai écrire et regarder Bettina peindre des aquarelles. Nous deux nous partageant le soleil et recréant hommes, femmes, enfants et paysages.

Je dois beaucoup à Bettina ; d'une certaine mesure, elle a changé ma vie. Elle m'a fait réaliser que mon salut viendrait des mots, qu'il fallait que je laisse sortir toutes ces voyelles et ces consonnes qui sommeillaient dans mon esprit et dans mon coeur, les laisser s'envoler et se poser délicatement sur le papier.

D'ailleurs, avec Bettina, nous nous écrivons beaucoup, simplement et facilement. Il nous semble que nous pourrions converser à l'infini. Elle a récupéré mon coeur en fragmentation, grâce à elle je recolle les morceaux. J'aimerais beaucoup que la réciproque soit vraie et qu'elle n'hésite jamais à me confier ses petites faiblesses et ses grandes peines.

Je pense souvent à elle lorsque j'écoute de la musique. J'aimerais lui fredonner certaines chansons de Gainsbourg, de Joe Dassin, de la chanteuse Robert, d'Arthur H., d'Indochine et de bien d'autres encore. Avec Bettina, une petite musique est entrée dans ma vie.

Si un jour vous la rencontrez, vous reconnaitrez sa silhouette gracieuse, ses billes bleues, si scintillantes, et ses cheveux fins couleur de soleil, désormais devenus familiers. S'il vous plaît, n'oubliez pas de lui dire de ma part qu'elle est ma meilleure amie et, surtout, combien je l'aime.   

 Sabine Sombetzki